Le Général d'Hautpoul.

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Jean-Joseph d'Hautpoul

(13 mai 1754 - 14 février 1807)

Général de division de la Révolution française et du Premier Empire.

Jean-Joseph d'Hautpoul naît le 13 mai 1754 au château de Salette (Cahuzac-sur-Vère) dans le Tarn. Il y reçoit une éducation identique à celle de tous les jeunes nobles, sous le règne du roi Louis xv.

En septembre 1771, il incorpore la légion corse comme simple dragon. Cinq ans plus tard, il sera nommé Maréchal des Logis (23 novembre 1776). Il sert comme sous-lieutenant dans le 22e régiment des dragons du Languedoc, où il finira lieutenant le 23 avril 1783.

La révolution l'oblige à recommencer sa carrière. Il ne tardera pas à reprendre ses galons et est promu Capitaine le 10 mars 1792 et Lieutenant-colonel 15 août 1792. Il connaît le feu pour la première fois au combat de Courtrai le 19 juin 1792 et participera à d'autres batailles telles que : Valmy, Jemmapes, Aldenhoven, Nerwinden et Maubeuge.

En 1793, durant l'institution de la terreur et de la loi des suspects, il se verra signifier l'obligation de se retirer loin des frontières. Sous la pression de ses hommes qui refusent de combattre sans leur chef, d'Hautpoul gardera son commandement. Après la prise de Nimègue, il sera nommé général de brigade à titre provisoire (avril 1794). Ce grade sera confirmé en juin 1795, année où il se distingue en septembre, au combat de Blankenberg. Le 17 octobre 1796, suites aux affaires de juin dans l'armée de Sambre-et-Meuse, il sera nommé général de division et le 23 janvier 1797, il commandera la cavalerie lourde, arme qu'il ne quittera plus.

En mars 1799, le Maréchal Jourdan est forcé à la retraite lors de la bataille de Stokach. Il impute en partie celle-ci aux Généraux d'Hautpoul et Decaen Ce qui les met en attente d'un Conseil de guerre qui n'aura pas lieu, l'instruction traîne, Jourdan est entre-temps sur la sellete. L'affaire est plus d'ordre politique que militaire et le 24 juillet les généraux sont rétablis dans leur grade. Certe, d'Hautpoul n'était pas tout à fait à son "affaire" au moment des faits mais il n'est pas pour autant responsable de cet échec.

Le 24 juillet 1799, il rejoint l'armée du Rhin, placée sous le commandement du Général Lecourbe, Il est sous le ordres du Général Ney, il commande la réserve de cavalerie composée des 6e, 8e, 9e, 10e, 19e et 23e de cavalerie plus 2 régiments de carabiniers.

En 1800, Le Général Moreau réorganise la grande armée du Rhin en quatre corps: la "droite" sous Lecourbe, le "centre" sous Gouvion-Saint-Cyr, la gauche sous Sainte-Suzanne et la réserve sous les ordres directs de Moreau comprenant quatre divisions dont une de grosse cavalerie commandé par d'Hautpoul. Cette division comprenait deux régiments de carabiniers, le 8e de cavalerie dit "cuirassiers" (seul à porter la cuirasse), les 6e et 9e de grosse cavalerie et le 9e Hussards. Il participe à la bataille de Moeskirch et se couvre de gloire à la bataille de Hochstaedt (19 juin 1800). C'est à Honhenlinden le 3 décembre 1800 , victoire française décisive qui mit fin à la guerre de la deuxième coalition par la paix de Lunéville, que d'Hautpoul atteint son apogée en s'emparant du village portant ce nom.

En 1802, il épouse Alexandrine Daumy qui lui donnera un fils le 29 mai 1806, prénommé Alexandre Joseph Napoléon.

D'Hautpoul devient chevalier de la légion d'Honneur en décembre 1803 puis grand-officier de la croix le 14 juin 1804.

Le 24 août 1805 la guerre contre l'Autriche est déclarée. L'armée française quitte le camp de Boulogne et la grosse cavalerie, réorganisée depuis septembre 1803, est partagée entre Nansouty, Pully et d'Hautpoul.

Les 4e, 6e, 7e et 8e régiments sont sous le commandement du général Pully dans l'armée d'Italie.

Nansouty dispose de la 1ère Division reprenant les 2e, 3e, 9e et 12e régiments de cuirassiers ainsi que les 1er et 2e régiments de carabiniers.

D'Hautpoul commande la 2e division de réserve comprenant les 1er, 5e, 10e et 11e régiments de cuirassiers.

Sa division rentre en scène le 20 novembre à Raussnitz. Suite à l'intervention des grenadiers et chasseurs du Maréchal Béssières. Ces derniers viennent en aide à la brigade Sébastiani face à 6000 cavaliers Russes en travers de la route de Brünn. La cavalerie russe amenée à la retraite est poursuivie par la division de d'Hautpoul ouvrant ainsi la route vers Austerlitz. A Austerlitz, la quasi totalité de la cavalerie de réserve est placée à l'aile gauche sous le commandement du Prince Murat et au côté de l'infanterie du Maréchal Lannes. Au terme de combats acharnés contre les corps de Lichtenstein, Bagration et du Prince Dolgorouky, les cuirassiers de d'Hautpoul se déployèrent sur deux lignes appuyés à gauche par la cavalerie de Milhaud et à droite par celle de Kellerman et se précipitèrent à la charge contre l'infanterie russe qui fût complètement enfoncée et forcée à la retraite.

En mai 1806, d'Hautpoul est nommé Sénateur et quitte provisoirement l'armée au mois d'août, ne pouvant cumuler légalement sa fonction de général. L'Empereur le rétablit en octobre et participe à la campagne de Prusse.

Le 6 février 1807 en avant du village de Hof, peut avant Eylau, d'Hautpoul au côté de Murat s'empare d'une position ennemie jugée inabordable....

Que c'est-il passé ?

"Murat trouva l'arrière-garde russe entre les villages de Gross-Glandau et de Hof, et la fit charger sur le champ. L'ennemi déploya alors plusieurs lignes de cavalerie pour soutenir cette arrière-garde, composée de douze bataillons d'infanterie légère, ce qui détermina le grand-duc de Berg (Murat) à faire de nouvelles dispositions. Il ordonna d'attaquer successivenment la droite et la gauche des russes, appuyées à un mamelon et à un bois. Les dragons du général Klein et les cuirassiers du général d'Hautpoul, en chargeant avec leur fermeté ordinaire, culbutèrent et sabrèrent deux régiments d'infanterie légère russe. Les colonels, la plupart des officiers et soldats, les drapeaux et les canons de ces régiments furent pris. L'armée ennemie s'ébranla alors pour soutenir son arrière-garde, mais le Maréchal Soult était arrivé, suivi du Maréchal Augereau qui prit position sur la gauche; le village de Hof fût occupé. L'ennemi sentant toute l'importance de cette dernière position, fit avancer une colonne de dix bataillons pour la reprendre. le grand-duc de Berg fit exécuter une seconde charge par les cuirassiers de la division d'Hautpoul. Le général prit la colonne russe en flanc, et la mit dans le plus grand désordre, en lui sabrant une quantité considérable d'hommes. La nuit mit fin à ce combat, prélude d'une lutte bien plus grave qui se préparait pour les deux jours suivants."

Laissant près de 800 prisonniers et 1500 morts sur le terrain.

L'empereur ayant assisté à la bataille combla d'éloges le général d'Hautpoul et l'embrassa devant la troupe. Il se tourne ensuite vers ses hommes et leurs crie " Soldats, l'Empereur est content de vous : il m'a embrassé pour vous tous. Et moi, soldats, moi, je suis si content que je vous baise à tous le cul ".

Le 8 février 1807 a lieu la bataille d'Eylau. A la tête de ses cuirassiers, d'Hautpoul fait preuve d'un courage admirable. Par trois fois, il ramènera sa division à la charge alors qu'elle avait été enfoncée. C'est durant cette troisième charge qu'un biscaïen le blesse à la cuisse gauche. Il est emmené hors du champ de bataille et transporté au château de Worms entre Preussisch-Eylau et Landsberg.

Sans rentrer dans la polémique sur ce que les chirurgiens auraient pu faire, nous dirons que la complication de sa fracture ne laissait aucun espoir. Il succombera le 14 février. Sur ordre de l'Empereur, le chirurgien du 11e régiment de cuirassiers, prélèvera le coeur du Général. L'organe sera transporté à Thorn. Le corps sera ensuite enterré dans le cimetière du château. A l'heure actuelle, le coeur embaumé du Général est conservé aux Invalides tandis que son corps repose depuis 1840 au cimetière du Père Lachaise.

Une statue du général fût placée à Gaillac (Tarn) sur la place Dom-Calmet. "D'une haute stature et d'un courage sans égal, il imposait l'obéissance à ses soldats et leur plaisait par une familiarité qui, malgré son origine aristocratique, allait parfois jusqu'à une grossièreté quelque peu cynique. Nul mieux que lui ne savait disposer avec art et manier sur le terrain de nombreux escadrons. Mais il négligeait les détails et s'occupait peu des soins à donner en route aux hommes et aux chevaux. Aussi la tenue et la marche de sa division laissaient-elles quelquefois à désirer; mais, quand il se retrouvait en face de l'ennemi, il réparait en un jour de bataille, les désordres causés par son laisser aller habituel."

 

Fanfan.

 

Sources :

"Les Grands Cavaliers du Premier Empire"

Tome III Général Charles Thoumas.

"Victoires conquêtes désastres revers et guerres civiles des français depuis 1792" auteur inconnu.