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Le 7e Régiment de cavalerie de 1810 à 1814.

Mai 1810, le régiment, rentrant en France, vint de Strasbourg à Rouen prendre un repos bien mérité. Les escadrons de guerre sont rejoints par le dépôt, qui était resté à Turin.

De 1807 à 1810, le dépôt du régiment fournit à l’armée d’Espagne 404 hommes et 386 chevaux dont il ne rentra au régiment, le 9 mars 1811, que 200 hommes et 50 chevaux.

Le 1er octobre 1810, le régiment, dont l’état-major, le dépôt et les deux premiers escadrons demeurent établis à Rouen, détache les 3e et 4e escadrons à Evreux.

Le 15 avril 1811, les quatre escadrons de guerre étaient dirigés sur Bruxelles pour être envoyé au camp d’Utrecht. Lorsqu’ils en reviendront, pour reprendre leurs quartiers à Rouen, ils seront prêts à partir en campagne au moment où l’Empereur forme de nouveau les corps de la Grande-Armée qui iront jusqu’à Moscou.

Napoléon avait donné des ordres tout spéciaux, dès la fin de décembre 1811, pour l’organisation des divisions de cuirassiers qui devaient entrer dans la composition de la Grande-Armée.

La réserve de cavalerie de la Grande-Armée comprenait quatre corps forts chacun de trois divisions.

Le 7e de cuirassiers était au 3e corps.

Celui-ci, commandé par le lieutenant-général Grouchy, comprenait :


- la 3e division de cavalerie légère (général Chastel) ;
- la 3e division de cuirassiers (général Doumerc),

formée des

- 4e cuirassiers,
- 7e cuirassiers

(l’effectif du régiment 34 officiers, 737 hommes, 838 chevaux - colonel Dubois),
14e cuirassiers

- et 3e chevau-légers, sous les ordres des généraux de brigade Berckheim, l’Héritier et d’Oullembourg ;

- la 6e division de dragons (général Lahoussaie).

Le 15 juin 1812, la 3e division de cuirassiers est attachée au 2e corps (maréchal duc de Reggio ), avec lequel elle fera toute la campagne.
Le 23 juin, l’armée française était en position prête à passer le Niémen.
Le 28 juin au matin, la cavalerie de Murat était devant Wilna. Ce même jour, Oudinot, qui avait passé la Wilna à Janowo, rencontrait Wittgenstein qu’il culbuta si rapidement, que les cuirassiers de Doumerc arrivèrent trop tard pour prendre part à l’affaire.

Le 31 juillet, les 1re et 2e divisions du corps Oudinot, soutenues par la 3e division de cuirassiers, s’établissaient à Polotsk, après avoir rejeté un corps russe au delà de la Dwina. Le corps Oudinot ne devait pas aller à Moscou. Il gardait avec lui les cuirassiers de Doumerc. La 3e division de cuirassiers échappa ainsi en partie aux désastres de la retraite. Aussi put-elle prendre une part plus active aux derniers jours de la lutte, principalement au passage de la Bérézina.

Le 28 novembre, le combat avait duré toute la journée en avant du bois de Brilowa. La division des cuirassiers Doumerc fit une charge brillante au moment où la légion de la Vistule s’engageait dans les bois pour enfoncer le centre de l’ennemi. Ces braves cuirassiers des 7e, 4e et 14e régiments, exténués par l’excès des fatigues et des privations de tout genre, firent néanmoins des prodiges de valeur, enfoncèrent des carrés, prirent des pièces de canon et enlevèrent de nombreux prisonniers que nos misères ne nous permirent pas de conserver.

Le comte de Langeron, général au service de la Russie, a laissé, dans son journal de la
campagne de Russie, un intéressant récit de ce glorieux fait d’armes.

« A notre gauche, au milieu des bois, à peu près à une verste du chemin, il y a deux petites plaines d’une centaine de toises en carré. Là était, au commencement du combat, une partie de la 18e division d’infanterie, commandée par le prince Scherbatow, en colonne serrée et placée en réserve. Le général français Doumerc vint faire sur cette division, avec ses deux régiments de cuirassiers, une charge assurément bien inattendue, dans le terrain où l’on se trouvait, et qui eut pour nous de funestes résultats.
Il déboucha entre les arbres et les broussailles, réunit ses cuirassiers à l’entrée des deux petites plaines, les forma avec la rapidité de l’éclair et enfonça les colonnes. Il sabra plus de 600 hommes et fit autant de prisonniers qu’il emmena, quoique le régiment de Saint-Pétersbourg-Dragons, qui vint au secours de l’infanterie, lui causât quelques pertes.
Cette charge désespérée fit un grand honneur au général Doumerc et à ses cuirassiers . C’est un bien beau fait d’armes, et, en général, toute l’affaire fut glorieuse pour les Français, qui étaient en nombre très inférieur à nous. »

Dans cette affaire, le régiment eut un grand nombre de tués et de blessés. Parmi ces derniers, on cite les officiers suivants : lieutenant Duguen, un coup de lance et trois coups de sabre ; sous-lieutenant Morando, balle dans l’épaule ; capitaine Meyer, coup de feu au pied droit ; chef d’escadron Lamberty, balle dans le bras droit ; Forceville, sous-lieutenant, coup de baïonnette ; Herbillon, sous-lieutenant, coup de baïonnette dans le côté droit ; sous-lieutenant Floquet, coup de feu au pied gauche.

Pour reconnaître la conduite valeureuse du 7e régiment de cuirassiers au passage de la Bérézina, Napoléon nomma son colonel, le baron Dubois, général de brigade et donna 26 croix au régiment.

Dans le bulletin qui relate cette action, une erreur de numéro attribue au 5e cuirassiers le fait d’armes accompli par le 7e régiment. Le général Dubois demanda la rectification de cette erreur en 1829 par la lettre suivante adressée au ministre de la guerre :

Sens, ce 29 octobre 1829.

MONSIEUR LE MINISTRE,

 

J’ai appris que vous aviez donné l’ordre d’établir l’historique des régiments de l’Empire. Dans le bulletin qui relate la bataille de la Bérézina, il y a une erreur que je vous prie de faire rectifier. Il est dit dans ce bulletin que le 5e régiment de cuirassiers a chargé un quarré de 7,000 Russes et leur a fait mettre bas les armes. Ce fait a eu effectivement lieu. Mais ce n’est pas le 5e, mais bien le 7e que je commandais alors. Vous sentez, mon Général, que je n’ai pas laissé sans réclamations une pareille erreur, et l’Empereur, qui, mieux que personne savait apprécier un fait d’armes aussi honorable pour mon brave régiment, dicta un décret qui me faisait général de brigade, accordait au régiment 26 croix dont deux d’officier et tout l’avancement que je demandais. Pour vous mette à même de vous assurer de la vérité de ce que j’ai l’honneur de réclamer de votre justice, je vous fais passer ci-contre copie du décret de l’Empereur, décret que vous trouverez dans les bureaux de votre ministère (1).

(1) Ce décret était ainsi conçu :

Napoléon………
Pour reconnaître la conduite distinguée qu’a tenue le colonel Dubois et le 7e régiment de cuirassiers à la bataille de la Bérézina en chargeant seuls un carré de 7,000 Russes et leurs faisant mettre bas les armes, nous avons décrété et décrétons ce qui suit :
Art. 1er.
Le colonel Dubois est nommé général de brigade.
Art. 2.
Notre ministre de la guerre est chargé de l’exécution du présent décret.
Signé : NAPOLEON

 

Il est résulté de l’erreur qui a eu lieu dans le bulletin une grande injustice pour mon régiment, car dans toutes les histoires qui ont paru sur la campagne de Russie, le 5e régiment au lieu du 7e a toujours figuré dans la mémorable charge qu’a faite le 7e et qui a beaucoup contribué à favoriser la retraite de l’armée. Je suis persuadé, mon Général, que vous donnerez des ordres pour que justice soit faite.
J’ai l’honneur d’être…..

Le Maréchal de camp,
Baron DU BOIS.

A cette lettre, qui contenait une si juste réclamation, le ministre de la guerre, qui était alors Bourmont, répondit en ces termes :

Le 5 novembre 1829.

 

GENERAL,

 

J’ai reçu la lettre que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire le 29 octobre dernier pour me signaler une erreur que vous avez remarquée dans le bulletin de la bataille de le Bérézina, qui attribue au 5e régiment de cuirassiers une charge contre un carré de 7,000 Russes.
Rien ne prouve mieux en effet, que ce fut le 7e régiment et non le 5e qui exécuta cette charge, que le décret par lequel Napoléon vous nomma général de brigade pour ce brillant fait d’armes. Je vous remercie, Général, de m’avoir mis à même de faire rendre justice à qui de droit et je m’empresse de saisir cette occasion de vous témoigner combien j’apprécie la belle conduite du 7e régiment de cuirassiers et de son digne chef dans la mémorable action que vous me rappelez.

 

De Wilna, la cavalerie gagnait le Niémen. Chaque régiment de cuirassiers venait dans les dépôts établis l’un à Stettin, pour les sept premiers régiments, l’autre à Francfort pour les sept derniers.
De Stettin, où il reçut des renforts, le régiment entre en Saxe. Il fait partie de la 3e division de grosse cavalerie réunie sous les ordres du général Doumerc. Le 7e cuirassiers est commandé par le colonel Richardot.
La 3e division de grosse cavalerie comprend deux brigades :
la 1re (général d’Audenarde) est formée des 4e, 7e et 14e cuirassiers et des dragons Napoléon-Italiens ;
la 2e, composée des 7e, 23e, 28e et 30e dragons, est sous le commandement du général Reiset.

La division Doumerc fait partie du 1er corps de cavalerie que Latour-Maubourg réunit au mois de mars autour de Magdebourg.

Le 22 mai, le 1er corps prend part à la bataille de Reichenbach. Nos cuirassiers chargent la cavalerie russe qui est mise en déroute.
Le 27 août, la cavalerie Latour-Maubourg fut fortement engagée sous Dresde. Vers neuf heures, le 2e corps se porta de front sur celui de Giulay, tandis que le roi de Naples, à la tête du 1er corps de cavalerie, débouchant par la droite de Cola, chargeait en flanc la division Metzko. Les deux divisions de cuirassiers rompirent les rangs de l’ennemi rejeté sur la Wesseritz. Ce fut un réel succès pour notre cavalerie, qui décida en grande partie de la bataille. Le régiment se distingua tout particulièrement en chargeant un carré d’infanterie hongroise à laquelle un cuirassier, nommé Langevin, enleva un drapeau.


Le 18 octobre, à Leipzig, le régiment chargea vaillamment et se rallia dans le plus grand ordre sous la mitraille de l’ennemi. Le lieutenant Pagès fut tué ; le lieutenant Masson reçut une balle dans la cuisse.

La retraite commence et se continue désastreuse jusqu’au Rhin, que le 1er corps atteint en décembre.

Champaubert et Vauxchamps sont les derniers combats dans lesquels nos cuirassiers se distinguèrent par leur bravoure, sinon par leur succès. Le 31 mars, ils étaient sous Paris.