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Le 7e Régiment de cavalerie 1809 - Mai 1810.

Au mois de janvier, la division Espagne avait son quartier général à Erlang : le 7e cuirassiers a ses escadrons établis dans les localités de Marckelbach, Linden, Umfeld et Westadt.

Leurs effectifs sont les suivants :

1er escadron et état-major, 12 officiers, 170 hommes, 182 chevaux ;
2e escadron, 5 officiers, 154 hommes, 159 chevaux ;
3e escadron, 4 officiers, 159 hommes, 160 chevaux ;
4e escadron, 5 officiers, 157 hommes, 162 chevaux.

Le dépôt a été dirigé de Lodi sur Turin.
Lorsqu’au mois d’avril les hostilités recommençaient, la division des cuirassiers Espagne était attachée au 2e corps (Lannes). Le journal d’un capitaine du 7e cuirassiers, M .de Charmont, va nous permettre de suivre, à peu près jour après jour, le régiment pendant la campagne de 1809.

Le 1er mai, le régiment, réuni au 4e cuirassiers et formant la réserve de la division Legrand, passa l’Inn et, traversant les ruines de la ville de Scherding, brûlée le 26 avril par Masséna, occupa le village de Taufkirchen, sur la route de Linz. Un combat avait eu lieu dans la journée à l’avant-garde, où l’on avait pris à l’ennemi un drapeau et de nombreux prisonniers. Le 7e cuirassiers occupa le village de Langsbeyerbach.

Le 2 mai, le régiment, ayant reçu l’ordre d’être à huit heures du matin en avant de Weidenholtz, traversa de bonne heure le bourg de Beyerbach et fut réuni en brigade avec le 6e cuirassiers pour former la réserve d’avant-garde qui serra de près l’ennemi dans sa retraite sur Efferding et lui fit près de 300 prisonniers, presque tous hongrois. Vers les trois heures, la canonnade ayant cessé et l’infanterie ayant pris son bivouac, les cuirassiers occupèrent les hameaux d’Oberchartein, ayant sur leur droite une grande garde dans la direction de Wels.

Le 3 mai, le régiment, faisant toujours partie de la réserve d’avant-garde, se mit en route à quatre heures du matin pour rejoindre la division Claparède, d’avant-garde ce jour-là, et la suivit vers Linz. L’avant-garde était déjà aux mains au-delà de Linz, lorsque le régiment défila dans la ville.
La canonnade devenant assez vive, il se porta au grand trot pour prendre position en face d’Ebersberg, où il assista au combat violent qui se livra sous les murs de la ville. La journée se terminait par l’occupation de la ville, du château et du plateau par nos troupes victorieuses. A huit heures du soir, le régiment bivouaqua à Londingen.

Le 4 mai, la division fut réunie à cinq heures du matin sur la route de Linz à Ebersberg. Elle se mit aussitôt en marche, passa la Traun et, traversant le bourg d’Ebersberg réduit en cendres ainsi que son château, prit la route d’Enns au milieu des cadavres qui jonchaient le sol. Elle alla bivouaquer à Fuckelsdorf, où le régiment séjourna le 5.

Le 6, à quatre heures du matin, la division se porta sur Enns, où était le quartier général de l’Empereur. L’Enns fut passé sur un pont rétabli à la hâte, et le régiment alla s’établir à Wiedorf.

Le 7, le régiment partit à trois heures du matin pour se rendre à Neumark, point de rassemblement de la division, et continua sa marche sur la grande route de Vienne.
Arrivé sur l’Erlaph, il passa à gué cette petite rivière très rapide, et, après avoir marché jusqu’à la hauteur de Pechlarn, il reçut l’ordre de bivouaquer au village de Brünn abandonné de ses habitants.

A dix heures et demie du soir, un incendie, dont la rapidité fut presque sans exemple, éclata de toutes parts et notamment dans la maison où était cantonné l’état-major du régiment. Le régiment éprouva un désastre irréparable dans les circonstances de marche active où il se trouvait. Un capitaine (M. Delletaille) et un cuirassier furent brûlés vifs en essayant de sauver des chevaux. Plusieurs cavaliers furent blessés, 12 chevaux d’officiers et 42 chevaux de troupe périrent dans les flammes. Nombre d’effets d’habillement, d’armement et d’équipement furent détruits. Le désordre fut à son comble pendant cette fatale nuit et la matinée du lendemain. Avec des peines infinies on parvint à reformer quatre escadrons de manœuvre, dont le surplus fut envoyé au grand dépôt de cavalerie de Passau.

Le régiment quitta Brünn le 8 et se porta sur Nolk où se faisait le rassemblement de la division qui reçut l’ordre de marcher par Saint-Palten sur Krems, où en arrivant elle trouva brûlé le pont du Danube. A huit heures du soir, le régiment bivouaqua à Unterwelfingen.

Le 9, à onze heures du matin, le régiment eut ordre de se porter près de Hertzogenburg. Après deux heures de halte sans vivres d’aucune espèce pour les hommes ni pour les chevaux, il quitta cette position et, traversant les deux branches de la Trosen, il alla bivouaquer dans les hameaux de Ober et Unterlinden.

Le 10 le régiment reçut l’ordre de rejoindre la division qu’il atteignit sur la route de Vienne, près de Sieghartskirchen. Arrivé à deux lieues de la capitale de l’Autriche, il reçut l’ordre de retourner cantonner en arrière. Il bivouaqua le soir à Hadelsdorff. La division conserva les mêmes cantonnements les 11 et 12.

Le 12, Vienne est occupé par nos troupes

Le 13, le régiment quitte Hadelsdorff pour se rendre à Kloster-Neubourg. Il passe par Leckenfeld, faubourg de Vienne, et arrive à Nusdorff, où, étant à découvert du côté du Danube, il reçoit le feu de l’ennemi qui occupait la rive gauche. Le régiment prit le trot et arriva sans pertes à Kloster-Neubourg. Mais le grand nombre de troupes déjà massées dans cet endroit et la disette de fourrages obligèrent le 7e cuirassiers à revenir en arrière. Les escadrons cantonnèrent dans les hameaux de Kirling, Zeizelmaüer, Saint-André et Güging.

Le régiment ne quitta ces maigres cantonnements que le 15 pour se rendre à Ingersdorff, point de rassemblement de la 3e division de cuirassiers. Là il reçoit l’ordre de prendre ses cantonnements à Lanzendorff , où était établi le quartier général de la brigade.

Le 16, à onze heures du matin, le régiment, réuni en avant le Lanzendorff, se mit en marche par Emberg, quartier général de la division, et alla cantonner à St-Margarethen et Trautmansdorff.

Le 20, les trois divisions de cuirassiers avaient reçu l’ordre de se concentrer à Ebersdorf pour y passer le Danube. Le pont ayant été rompu vers six heures du soir, le 7e cuirassiers revint cantonner en arrière à Schwandorf, où il arriva à une heure du matin.

Le 21, le régiment parti de Schwandorf à neuf heures du matin, arriva à la même position où il était déjà parvenu la veille. La division était en marche pour passer le Danube. On traversa Ebersdorf et on arriva au premier pont. Là, tout le monde mit pied à terre. Mais, malgré la présence des officiers généraux préposés par l’Empereur à l’entrée des ponts pour maintenir l’ordre, et malgré la gendarmerie dont ils disposaient, il y eut au passage et aux abords une confusion extrême causée par la prétention des différentes armes, et surtout de l’artillerie, de passer les premières et par leurs efforts pour couper les colonnes.
Cependant l’ordre fut rétabli, et les deux ponts suivants, jetés sur les bras du fleuve dont les séparations forment deux îles d’importance inégale, furent rapidement franchis.
La première brigade de la division Espagne, qui s’était formée en ligne après le passage des ponts, avait été portée en avant des bois qui bordent la rive, et avait pris position dans la plaine. La 2e brigade suivit son mouvement et fut placée à 120 pas derrière elle en échelons par régiment, débordant d’un escadron la droite de la première ligne.
Une des batteries de la division prit position à droite de la seconde ligne, l’autre batterie au centre. La cavalerie légère était déployée à 400 pas en avant.
L’attaque, commencée par Enzersdorf, ne s’étendait qu’une heure plus tard à toute la ligne, mais devint très vive sur la gauche de l’ennemi vers les cinq heures et demie.
C’est à ce moment que la cavalerie autrichienne prononça son mouvement qui fut brillamment arrêté par la charge de la division Espagne. La mêlée fut furieuse. Un grand nombre des nôtres y restèrent, des meilleurs et des plus illustres.

Le général Espagne était tué ; le général Fouler, commandant la 2e brigade, blessé. Le régiment avait perdu 32 hommes tués, 8 officiers et 72 hommes blessés, 135 chevaux tués et 33 blessés. Parmi les officiers blessés, nous relevons les noms du lieutenant Lavillasse, deux coups de sabre ; du lieutenant Tourtebatte, coup de sabre au bras droit ; du capitaine Richoux, coup de sabre au bras gauche.
L’Empereur s’était déterminé à abandonner la rive gauche, après les deux jours des furieux combats des 21 et 22, et à se maintenir dans les deux îles que forment sur ce point les trois bras du fleuve. Le mouvement rétrograde, commencé le 22, continua et s’acheva le 23. On bivouaqua dans l’île Lobau, où l’on se trouva sans ressources.

Le 26, le pont ayant été rétabli, la division se mit en marche, la gauche en tête, et repassa sur la rive droite du Danube. Elle fut cantonnée de Luxembourg à Baaden. Le régiment occupa le bourg de Traiskirchen, se gardant dans la direction de Neustadt.

Le 27, le régiment occupa les cantonnements autour de Baaden, petite ville agréablement située au pied des montagnes, à cinq lieues de Vienne. Le 1er escadron était détaché à Luzdorf, à un quart de lieue.

Le 7e cuirassiers conserva cette position jusqu’au 5 juin, où il vint occuper les faubourgs de Guttenbronn et de Doss. Le duc de Padoue a pris le commandement de la 3e division de cuirassiers. Le général Bordesoulle a remplacé le général Fouler à la tête de la 2e brigade.

Le régiment ne fit pas de mouvement avant le 4 juillet. Ce jour, la division ayant reçu l’ordre d’être réunie à onze heures du matin en avant de Luxembourg, le régiment quitta ses cantonnements à neuf heures et arriva au rendez-vous. La division alla bivouaquer un peu en arrière d’Ebersdorf, où elle vit défiler devant elle une grande partie de l’armée qui devait passer le Danube pendant la nuit.

Le 5 juillet, à quatre heures du matin, la division monta à cheval et se mit en marche pour passer à son tour, après les 1er et 2e divisions de cuirassiers qui venaient de défiler. Elle passa à gué le premier bras du fleuve et fut mise en bataille en avant et à gauche d’ Ebersdorf. Vers les onze heures, les deux premières divisions ayant passé le grand pont, la troisième suivit le mouvement et, ayant traversé une partie de l’île, elle prit encore position jusqu’à huit heures du soir. A neuf heures du soir, la division, ayant passé le dernier pont, se porta dans la plaine, laissant Enzersdorf à gauche, et bivouaqua en arrière et près de Rutzendorf, vers minuit.

Le 6 juillet, dès les quatre heures du matin, l’armée était disposée en vue d’une bataille décisive. La division quitta sa position et fut placée en réserve derrière l’attaque de Margrafen-Neusiedel, où elle resta jusqu’à dix heures et où elle perdit quelques chevaux par le feu de l’artillerie.

C’est là que l’Empereur fit chercher la 3e division de cuirassiers qui recevait l’ordre d’appuyer le mouvement du duc d’Auerstaedt sur Neusiedel. Les cuirassiers, pour gagner le point qui leur était assigné, avaient à parcourir près de trois kilomètres et à défiler devant une série de petits mamelons couverts de vignes et d’arbustes, sous le feu de tirailleurs ennemis et de batteries légères tirant à mitraille à bonne portée. Leur mouvement ne put donc s’effectuer sans des pertes sensibles. Néanmoins, ce mouvement en avant des cuirassiers produisit un moment d’arrêt dans la marche des Autrichiens, qui, fortement canonnés par les batteries de la division, abandonnèrent la position important de la tour de Neusiedel. C’est à ce moment que Davout envoya au duc de Padoue l’ordre d’exécuter une charge de front, sa division déployée, sur le terrain qui se trouvait à gauche du 3e corps et qui, le matin encore, était occupé par les bivouacs de l’ennemi. Cet ordre parut étrange au commandant de la 3e division.
Faire donner de front de la grosse cavalerie sur un terrain accidenté, à pentes raides et difficiles, défendu par des obstacles de toutes sortes et par une infanterie bien postée, c’était beaucoup risquer. L’ordre de charger ayant été réitéré, il n’y avait pas à hésiter.

« Le duc de Padoue, d’une voix forte, commande la charge. Ce commandement est répété sur toute la ligne et les deux mille cuirassiers s’ébranlant font trembler le sol sous le poids de leurs lourds chevaux. En voyant cette charge s’approcher d’eux, les Autrichiens furent d’abord un peu effrayés ; mais comme la nature du terrain ne permettait à la division de les aborder que morcelée, puisque le sol était fortement raviné, ils se rassurèrent et continuèrent une défense facile. Les cuirassiers, lancés à fond de train, finirent par grimper, avec peine et non sans pertes jusque sur le sommet de la pente, à l’endroit où était le baraquement ennemi. Toutefois, pour atteindre ce résultat, il avait fallu faire rompre les escadrons ; ils ne purent se reformer sur la crête, le terrain ne le permettant pas. La charge perdit donc son ensemble et chaque homme fit inutilement des efforts individuels. Un assez bon nombre culbuta dans les trous creusés en avant des baraques pour les cuisines des troupes autrichiennes, d’autres essayèrent vainement de se rallier, et, devant l’impossibilité de se maintenir sur le plateau, tournèrent bride. Le duc de Padoue, après avoir pris les ordres du maréchal, fit sonner la retraite. La division, aussi maladroitement fourvoyée, descendit au galop la pente, abandonna le plateau en y laissant plusieurs des siens, et vint, un peu honteuse de son échec, se rallier promptement au bas des collines. » (Le Général duc de Padoue, par A. du Casse.)

Pendant que la division se ralliait, l’ennemi continuait se retraite et le corps du duc d’Auerstaedt occupait le plateau et les hauteurs de Neusiedel. Il marcha aussitôt sur Wagram dont le général Oudinot se rendait maître au même moment.
Dans cette journée, le régiment subit de nombreuses pertes. Le colonel Ordener fut blessé, en chargeant à la tête du régiment, d’un coup de feu à la hanche droite. Les capitaines Boisseau et de Charmont, les lieutenants Lavillasse et Martignon sont cités parmi les blessés. Le duc de Padoue avait été atteint d’un biscaïen à la jambe. Les généraux Bordesoulle et Raynaud furent aussi blessés.
Le lendemain de cette journée mémorable, la cavalerie se lançait à la poursuite de l’ennemi. Le 11, Napoléon arrivait devant Znaim et le 12 un armistice était conclu.

La réserve de cavalerie rétrogradait alors sur Vienne, où elle avait son quartier général. La 3e division, attachée au 11e de corps, était à Baaden. Le 7e cuirassiers était à Cattau, position qu’il conserva jusqu’au commencement de septembre.

Le 9, la division ayant reçu l’ordre de se rendre aux environs de Krems pour y être passée en revue par l’Empereur, le 7e cuirassiers partit de ses cantonnements et arriva à onze heures du matin à Gefaell, point de rassemblement de la division, d’où l’on se mi en marche sur Krems, ou l’on arriva à nuit close. Le régiment eut encore deux grandes lieues à faire pour se rendre à Langenloïs, qui lui fut assigné pour cantonnement.

Le 10, la division, réunie près de Krems, fut passée en revue par l’Empereur et manœuvra devant lui. Elle rentra ensuite dans ses cantonnements de la veille où elle séjourna le 11. Le 12, le régiment alla occuper, dans le cercle de Kornenburg, des cantonnements qu’il conserva jusqu’au milieu de novembre. La paix était signée à Vienne, mais l’occupation devait se prolonger jusqu’à l’année suivante.

Au mois de décembre 1809, la 3e division était à Weikendorf. Les escadrons du régiment occupaient les cantonnements de Meissau, Gravauck, Etsdorff et Fohmdorff. Ses effectifs étaient de 33 officiers, 768 hommes, 860 chevaux.

Au mois de mai 1810, tandis que la 1re division de cuirassiers continuait de stationner dans le Hanovre, les 2e et 3e divisions rentraient en France.