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Le 7e Régiment de cavalerie ( 1791-1803)

Par règlement du 1er janvier 1791, les vingt-quatre régiments de cavalerie désignés par 1, 2, etc., étaient conservés à trois escadrons de trois compagnies chacun.

La compagnie était composée :

  • d'un maréchal des logis en chef,
  • 2 maréchaux des logis,
  • 1 brigadier-fourrier,
  • 4 brigadiers,
  • 4 appointés,
  • 54 cavaliers, dont 4 à pied,
  • et 1 trompette.

La compagnie était commandée par :

  • un capitaine,
  • un lieutenant,
  • et deux sous-lieutenants.

L’état-major comprenait :

    • 1 colonel,
    • 2 lieutenants-colonels,
    • 1 quartier-maître-trésorier,
    • 1 aumônier,
    • 1 chirurgien-major,
    • 2 adjudants,
    • 1 trompette-major,
    • 1 maître-maréchal,
    • 1 maître-sellier,
    • 1 maître-tailleur,
    • 1 maître-bottier,
    • 1 maître-culottier.

Au moment de cette nouvelle formation, le Royal-Etranger se trouvait le sixième des régiments de cavalerie après Colonel-général, Mestre de camp général, Commissaire-général, Royal, et du Roi. Il passa au septième rang, son rang d’ancienneté. La Reine et Royal-Pologne prirent les quatrième et cinquième rangs après Colonel-général, Royal et Commissaire-général et avant celui du Roi.

 

1792

Au mois de mars, le 7e régiment de cavalerie, fort de 449 hommes, est à Commercy (50 kms du sud-ouest de Metz). Il détacha, le 15 juin, au camp de Maubeuge un escadron qui fit partie de l’aile droite de l’armée placée sous les ordres du maréchal de camp de Tracy (http://fr.wikipedia.org/wiki/Antoine-Louis-Claude_Destutt_de_Tracy).

Le régiment était au camp de Sedan lorsque l’Assemblée législative, prenant des mesures pour repousser l’invasion, nommait, le 18 août 1792, Dumouriez commandant de l’armée du Nord. Celui-ci divisa son armée en trois corps. Les deux escadrons du 7e de cavalerie furent envoyés à l’armée du Centre.

Le 14 septembre, à l’affaire de la Croix-au-Bois (10 kms au nord-ouest de Lille), le 7e régiment de cavalerie se distingua en chargeant les Hongrois. Le prince Charles Antoine de Ligne fut tué dans cette affaire. Quelques jours après, un détachement du régiment enlevait à l’ennemi, sur les derrières de son camp, 80 bœufs et 400 moutons.

Après la victoire de Jemmapes (6 novembre 1792), l’armée des Ardennes, se dirigeant sur Namur (Belgique), tournait la forêt de Soignies et s’emparait de Charleroi. Le régiment, fort de 288 hommes, est alors avec le 16e de cavalerie à l’aile gauche de l’armée des Ardennes.

Le 14 novembre, un détachement du régiment fit 50 chasseurs prisonniers dans l’abbaye de Floress. Le 21 du même mois, l’armée des Ardennes faisait son entrée dans Namur, et le régiment prenait ses cantonnements dans le village de Flawinne (5km à l’ouest de Namur).

 

1793

Le 6 mars, deux pelotons du régiment chargent un parti de hussards ennemis et reprennent des prisonniers français.

Le régiment prend part, le 18 mars, à la bataille de Neerwinde.
Le maréchal des logis Dargent chargea à la tête d’un peloton un escadron de cuirassiers autrichiens auxquels il prit un étendard. Il fut, pour ce fait d’armes, nommé officier sur le champ de bataille.
Le capitaine Rouget et le sous-lieutenant Colin furent blessés dans ce combat.

Le 16 mai 1793, les escadrons du 7e de cavalerie, forts de 306 hommes, forment, avec ceux des 16e, 18e et 23e, la cavalerie de la division des Ardennes que commande le général Lecomte.

Le 17 juin 1793, le régiment, fort de 284 hommes dont 253 présents, fait partie du corps de cavalerie composé des 6e, 20e et 23e de cavalerie et 11e de chasseurs, aux ordres du général Antoine.

Le 7e de cavalerie prend part aux combats victorieux de Hondschoote (frontière Belge près de Dunkerque ) le 8 septembre, de Menin le 18 septembre (Menen en Belgique) et de Wattignies le 16 octobre près de Lille.

A la fin de cette année, le colonel de Villoutreys de Faye (1) : est remplacé dans le
commandement du régiment par le chef de brigade (2) Gondaud.

 

1794

En cette année, le régiment est à l’armée de Sambre-et-Meuse. Son dépôt, fort de 158 hommes, est à Vitry (Lequel ?).
Le 24 avril, au combat de Solesmes (entre Valenciennes et Cateau-Cambrésis), le 7e de cavalerie exécuta trois charges sanglantes pour l’ennemi. Il ramena deux pièces de canon et une trentaine de prisonniers.
Le 26 avril, près de Cateau-Cambrésis (20 kms au sud de Valenciennes), il rencontra l’ennemi qu’il chargea et auquel il prit une pièce de canon et un caisson. Il ramena, en outre, 5 officiers et 40 soldats anglais prisonniers.
Le 18 mai, à la bataille de Menin, le régiment fait 300 prisonniers. Un sous-lieutenant prit avec son peloton deux pièces de canon, deux obusiers et plusieurs caissons.
Le 30 octobre, le lendemain de la bataille d’Aldenhoven (20 kms au nord-est d’Aachen), au passage de la Roër, le général Dubois fut enveloppé par l’ennemi ; sept cavaliers du régiment volèrent à son secours et le dégagèrent dans la mêlée. Le général les remercia devant le régiment assemblé.

1795

Le 8 avril, le 7e de cavalerie fait partie de l’armée de siège de Luxembourg jusqu’au 12 juin, époque de la reddition de cette place. Il passe ensuite à l’armée du Danube où il assiste à la bataille de Wurtzbourg (Würzburg en Allemagne).

1800

Le régiment fit campagne de 1800 à l’armée du Rhin. Il forme avec le 6e de dragons et le 1er chasseur de la 2e brigade (général Puthod) de la division Souham (3), attachée au corps de Suzanne. Les trois escadrons étaient alors réduits au modeste effectif de 118 officiers et cavaliers. Le régiment se trouva à la première affaire, le passage du Rhin et le mouvement sur Offenburg (18 kms au sud-est de Strasbourg), où l’ennemi fut refoulé après un combat très vif dans lequel il perdit une pièce de canon et une centaine d’hommes faits prisonniers.

Le 25 mai, en avant d’Ulm, l’ennemi fit une sortie de son camp retranché et s’empara du village de Dellmensingen (à mi-chemin entre Stuttgart et Augsburg) . Mais le régiment le chargea et reprit ce village en emmenant 50 prisonniers. Dans cette journée se distingua un cavalier du régiment nommé Dubut, lequel prit un major autrichien et reçut en récompense de sa valeureuse conduite un mousqueton d’honneur. L’arrêté consulaire du 28 fructidor, qui mentionnait la récompense décernée au cavalier Dubut, portait aussi qu’un sabre d’honneur était donné, à titre de récompense nationale, au sous-lieutenant Ducrocq.

Le 19 juin, le régiment assiste à la bataille de Hochstaedt (à 60 kms au sud d’Ulm) et prend part aux brillantes charges, qui, à la fin de la journée, décidèrent de la victoire.

Le 29 novembre, il est au combat de Blemfeld.

Près de Ratisbonne (Regensburg en Allemagne), le 25 décembre, deux compagnies du régiment surprirent dans le village de Kefeim un régiment de hussards de Kaiser qu’elles ramenèrent prisonnier.

Le régiment est alors commandé par le colonel Offenstein (3) qui a remplacé, en 1800, le chef de brigade Gondaud.
A la paix , le régiment est placé à Trèves (à 10 km de la frontière Luxembourgeoise). Il était à Stenay (à 30 kms au sud-est de Sedan) lorsque parut l’arrêté consulaire du 2 nivôse an XI (23 décembre 1802), qui formait trois régiments de cuirassiers des 5e, 6e et 7e régiments de cavalerie de bataille (4).

Le 8e était cuirassé depuis son origine, ce qui portait alors le nombre des régiments de cuirassiers à quatre. Ils conservaient néanmoins chacun leur numéro et leur désignation. Le 7e régiment de cavalerie ne devenait le 7e régiment de cuirassiers qu’en 1803, lorsque l’arrêté du 1er vendémiaire décrétait la formation de 12 régiments de cuirassiers.

L’uniforme du régiment est, à cette époque, ainsi composé : habit bleu ; parements, pattes, revers, collet et liserés jonquille ; poches en travers ; boutons blancs.
Lorsqu’en 1804, était institué l’ordre de la Légion d’honneur, le colonel Offenstein et le sous-lieutenant Ducrocq en reçurent les insignes.

Références

1

Pierre-Louis-Auguste de Villoutreys de Faye, né en 1758 à Flavigny, en Limousin ; chevau-léger surnuméraire, du 25 octobre 1753 au 21 septembre 1758 ; entré enseigne dans Artois-infanterie ; lieutenant, le 28 juillet 1759 ; rang de capitaine de cavalerie, le 23 janvier 1771 ; pourvu d’une compagnie d’augmentation dans ce régiment, le 5 mai 1772 ; capitaine à la formation du 18 juin 1776 ; capitaine-commandant, le 20 août 1780 ; major du régiment d’Oléans-cavalerie, le 28 octobre 1785 ; lieutenant-colonel de ce régiment, le 11 février 1788 ; colonel, le 23 novembre 1791. Suspendu par ordre des représentants du peuple, le 25 brumaire an II, il se retira dans ses foyers.

2

La loi du 21 février 1793 substituait au mot de régiment celui de demi-brigade et au grade de colonel celui de chef de brigade.

3

La division Souham était un corps mixte qui comprenait, avec la brigade de cavalerie Puthod, une brigade d’infanterie (général Decaen) formée des 8e et 95e de ligne.

4

François-Joseph Offenstein, né le 27 juillet 1760 ; dragon au régiment de Deux-Ponts, le 10 mars 1777 ; a obtenu son congé le 23 décembre 1786 ; a servi deux ans au régiment d’Alsace-infanterie et a obtenu son congé le 5 mai 1788 ; nommé major de la garde nationale sédentaire du canton d’Erstein (Bas-Rhin) en vertu du décret du 15 mai 1789 ; chef du 1er bataillon du Bas-Rhin, le 2 octobre 1791 ; général de brigade, le 30 juillet 1793 ; général de division, le 25 septembre 1793 ; nommé chef de brigade faisant fonction d’adjudant général près l’armée du Rhin par la Convention nationale, le 10 fructidor an III ; chef de brigade à la suite, à la 10e demi-brigade de ligne, le 10 messidor an IV ; passé à la 77e demi-brigade, en qualité de chef de brigade, le 6 messidor an V ; passé dans la 44e demi-brigade de ligne, comme chef de brigade, le 18 floréal an VII ; passé chef de brigade à la suite dans le 12e régiment de chasseurs à cheval, par ordre du général Masséna, le 13 thermidor an VII ; nommé chef de brigade du 7e de cavalerie, par le général en chef Moreau, le 16 prairial an VIII.

5

Le régiment reçoit alors par incorporation le 3e escadron du 23e régiment de cavalerie.