Les chevaux de l'Empire.

Les chevaux de l'Empire.

La commission de remonte de 1810
Les écuries impériales privilégie la qualité
Les haras impériaux
Les écuries des casernes
Le dressage du cheval
Les soins des chevaux
La nourriture des chevaux mission presque impossible
Des animaux perclus de maladies
Des havres de fortune pour des animaux éclopés
Trop de chevaux en manque de fers :
Références

La commission de remonte de 1810

La sélection des chevaux destinés aux armées répond à quelques règles de base qui ne sont pas forcément respectées à la lettre tout au long des guerres du premier Empire.

Comme les règles de recrutement des chevaux donnent lieu a d’importants abus pendant les premières années de l’empire, une commission de remonte est organisée en 1810 afin d’établir de nouvelles normes de sélection.
Cette commission est présidée par les généraux Bourcier, Préval, Pully et Grouchy, cette institution s’applique à définir du mieux possible les qualités indispensables à un cheval pour servir dans la cavalerie impériale.

Condition d’admission du cheval :

Le cheval ne doit pas avoir une robe blanche car elle se révèle trop voyante et doit avoir entre 4 et 5 ans.
Le cheval doit avoir une queue bien fournie pour chasser les mouches et diminuer les blessures entre chevaux par coup de pied. Le cheval doit être de santé robuste, bonne bouche, bons reins, bons jarrets, beaucoup d’aplomb et de bons pieds.
Pour les cuirassiers, le cheval doit venir de préférence d’Allemagne.

Motifs de réforme du cheval :

Parmi les motifs de réforme qu’elle applique aux chevaux, la commission de remonte de 1810 discerne, la morve, la claudication, la cécité, le cornage, d’éventuelles hernies, des tics pas trop développés, des courbatures et des jarrets trop faibles.

Les écuries impériales privilégie la qualité

Tout au long de l’histoire du premier empire, les écuries impériales ont joué un rôle non négligeable dans le développement de la race chevaline en France.
A travers le Grand Ecuyer de l’empereur, Armand de Caulaincourt, les écuries impériales s’intéressent de près aux problèmes de l’élevage équin. Non seulement elles désignent les étalons qui effectueront les saisons de monte, mais elles s’appliquent aussi à dispenser des conseils avisés pour permettre de développer les meilleurs produits possibles.

Armand de Caulaincourt ne cache pas son intention de privilégier la qualité par rapport à la quantité. En mars 1806 dans une lettre envoyée au directeur du haras de Saint-Cloud, Rouad, qui assure cette fonction jusque dans les dernières années de l’empire, il souligne qu’il tient « plus à la supériorité de la production (en chevaux) qu’à leur nombre ».
Pour ce faire le grand Ecuyer s’emploie à faire fructifier du mieux possible le patrimoine génétique représenté par les étalons et les juments des écuries impériales. Les écuries impériales envoient régulièrement des étalons dans les haras nationaux les plus en vue.

Les haras impériaux

L’amélioration de la race chevaline est une des préoccupations de napoléon qui y discerne un intérêt militaire certain.

Le décret de juillet 1806 :

Pour organiser la production de chevaux de la meilleure qualité possible, Napoléon prend le temps qu’il faut. Il multiplie les études et projets, il divisera le territoire français en quatre grandes aires géographiques destinées à l’élevage : Nord, Est, Ouest, et Sud.
Le décret aborde la question des problèmes de la reproduction des chevaux dans tous leurs aspects et procède a la création de haras dans tout le pays, il prévoit également de constituer des dépôts d’étalon sur l’ensemble du territoire, de manière a permettre la coordination de l’élevage au sein de plusieurs départements à la fois.
L’empereur placera à la tête de cette vaste organisation une personnalité dont il n’ignore pas les capacités et à laquelle il nourrit une grande confiance et estime, monsieur de Solanet.
Celui-ci veillera avec soin sur cette imposante et importante administration jusqu’à la fin.

Composition du haras de Saint-Cloud :

Il y a un effectif de 17 personnes :

  • 1 directeur.
  • 1 aide vétérinaire.
  • 3 brigadiers.
  • 12 palefreniers

Mais le haras compte aussi 33 juments en 1809, et 18 étalons a la même année ; ces derniers sont répartit entre Saint-Cloud, la Normandie, et le limousin.

Les écuries des casernes

Un règlement édicté en 1788 détermine avec précision les soins presque méticuleux qui devraient être apportés aux chevaux à l’écurie.
La réalité se révèle toutefois bien différentes des visions idéales prévues par les textes

Des foyers de contagion :

Les écuries qui y ont été aménagées datent en général de l’ancien Régime, d’autre ayant été créée dans les couvents abandonnés par leurs occupants à la suite des mesures de spoliation prise contre l’église sous la révolution. Bien mal aérées et insuffisantes en nombre car elles accueillent jusqu’à 600 chevaux.
(ce qui contraint les autorités militaires à loger un grand nombre d’animaux chez l’habitant), elles sont surmontées de soupentes dans lesquelles est entreposé du fourrage. Les chevaux y sont attachés par des longes à billot et les règlements stipulent d’y laisser brûler des lanternes pendant la nuit. Bien peu d’entre elles sont pavées et beaucoup ne bénéficient pas d’un entretien suffisant, le fumier étant stocké bien trop près d’elles. En Sorte qu’elles constituent de véritables foyers de contagion, alors que les unités en campagne sont beaucoup moins touchées par les maladies.
Des mesures de prévention n’en existent pas moins, notamment celle qui consiste à interdire l’emploi de fourches en fer susceptibles de blesser les montures.

L’emplacement des chevaux :

Les règlements en usage dans la cavalerie impériale précisent l’emplacement nécessaire à chaque cheval dans l’écurie : 1,15 mètre. Une barre de séparation est disposée entre chaque monture au maximum trois.
Pourtant la réalité est bien différente. Le manque d’espace contraint souvent les animaux à se coucher à tour de rôle, dues à la promiscuité.

Le dressage du cheval

La sélection

Au sein de la cavalerie impériale, le dressage des chevaux répond à des règlements précis dont le respect détermine en grande partie l’efficacité du combat.
Le dressage des chevaux fait l’objet de prescriptions et de règles fort détaillées. La technique employée au sein de la cavalerie impériale consiste à faire subir un entraînement parallèle au cavalier et à sa monture, de manière à parvenir à une parfaite symbiose entre l’homme et l’animal. Les chevaux sont en général en état de servir à cinq ans et demi, mais, entre-temps, cela ne veut pas dire qu’ils ne seront soumis à aucun apprentissage.

Dès 4 ans, des exercices réguliers permettent de les soumettre à la fatigue, et d’accroître ainsi leur endurance.
A leur arrivée au corps, les chevaux sont promenés de manière régulière tous les deux jours. L’officier chargés der les évaluer doivent jauger à la fois la force et le travail qu’ils sont en mesure d’accomplir.

Aussi, petit à petit, l’animal s’assouplit-il et prend-il des forces.
Dans l’intervalle, les instructeurs s’appliquent à les habituer à la selle.
En général, les meilleurs chevaux sont montés par les meilleurs cavaliers du régiment, ceux qui sont les plus aptes, grâce à leur jugement et à leur expérience, à en corriger les défauts éventuels et à les dresser.
Pour répondre à la main et à la jambe. L’éducation commence par des exercices menés au moyen d’une longe, puis le cavalier monte et descend plusieurs fois du cheval de différentes manières, mais aussi selon diverses allures, dans un premier temps au pas puis au trot.

L’évolution en groupe :

Lors de cette phase fort délicate, les instructeurs s’appliquent à ne pas brusquer les montures.
Ils leur inculquent la façon de changer d’ordre, en les faisant marcher parfois les premiers, parfois les derniers, mais aussi en leur commandant de sortir indifféremment du rang.
Les chevaux sont ensuite initiés à quelques figures de manège, dans le cadre d’un entraînement qui s’étend d’une à deux heures journalières.
Dès qu’il est estimé suffisamment sage, le cheval est sorti en campagne, où il va être habitué aux évolutions en formation en colonne et en ligne qui sont les fondements mêmes de la tactique de la cavalerie.
Dans un premier temps les dresseurs respecteront ses instincts, en le laissant, par exemple, partir au galop dès qu’il en aura envie.
Mais à l’approche de l’âge où il devrait être prêt à servir sur un champ de bataille, les exigences se feront de plus en plus importantes et précis, les instructeurs se montrant beaucoup moins tolérants pour les arrêts, les départs ou les allures.

Les soins des chevaux

Prendre le, plus grand soin de son cheval et lui apporter toute l’attention nécessaire sont des impératifs qui peuvent se révéler vitaux pour un cavalier en campagne. Pourtant les règlements ne sont guère respectés.

Penser chaque jour :

Le texte de 1788 s’intéresse à l’entretien de la robe du cheval. Chaque cavalier doit s’astreindre à panser sa monture tous les jours, sauf s’il est porté malade ou se trouve de service.
Les maréchaux des logis chargés de la surveillance de cette opération, sont exemptés de pansage, mais il ne leur en revient pas moins de faire entretenir leur cheval par des cavaliers auxquels ils devront payer la somme de trois francs par mois.

Des cailloux sous la selle :

Si le règlement intérieur en date de 1788 peut être appliqué plus ou moins en caserne, il ne peut être respecté à la lettre en campagne. Pis encore, l’indiscipline et le laisser-aller font que les chevaux sont souvent fort mal entretenus.
Les officiers, ne souhaitent pas s’occuper d’une tâche qu’ils considèrent comme trop peu digne de leur rang, la confient à des sous-officiers qui, le plus souvent qui ne s’y intéressent.
Les précautions à l’égard de la transmission de telle ou telle maladie sont en général ignorées. Lorsque survient une épidémie de morve, par exemple, les chevaux sains sont laissés en compagnie des animaux malades et le harnachement de ces derniers peut être aussi bien monté sur des montures non atteintes.

La situation ira en se dégradant au fil des années, avec l’arrivée de jeunes recrues assez peu instruites et mal formées à l’art de la monte. Fort peu désireux de se battre, bon nombre d’entre eux s’appliquent à blesser leur cheval afin de ne pas prendre part au combat, en plaçant notamment des cailloux de petite taille ou un clou entre la selle et le dos du cheval.

La toilette des chevaux :

Du 1 au 4 de chaque mois, les cavaliers doivent veiller à couper le poil des ganaches, des oreilles et de la crinière de leurs montures. Celui des jambes doit être entretenu tous les deux mois. La queue est coupée à quatre doigts de la châtaigne pendant l’été, mais en hiver elle doit être plus courte.

La nourriture des chevaux

L’approvisionnement des chevaux de la cavalerie impériale, même s’il est prévu dans les textes réglementaires, constitue l’une des préoccupations permanentes des responsables militaires.
L’armée impériale dispose de deux sources d’approvisionnement en campagne.
La première est constituée de dépôts placés sur les itinéraires empruntés par les troupes et du train qui suit ces dernières.
La seconde provient des prélèvements par réquisitions réalisés dans le pays traversé.

Le train en retard :

L’organisation des trains et des dépôts de vivres souffre avant tout de la hâte avec laquelle les campagnes sont lancées et, souvent les marches forcées imposées à la troupe empêchant les unités de train de suivre d’assez près les unités combattantes.
Au fil des années le nombre de soldats et de chevaux de l’armée n’ayant cessé de croître, jusqu’à atteindre 150 000 pour ces derniers, leur ravitaillement devient une véritable mission gageure voir impossible.
De plus l’empereur préférait réserver les chevaux de trait à l’artillerie plutôt qu’au train de vivres ce qui pénalisera ce dernier.
De plus les routes de l’époque n’étant guère aménagées et devenant le plus souvent boueuse ou défoncée après le passage des troupes à pieds et à cheval, les équipages de train se montrent incapables de rester au contact des formations en marche. Celle-ci, par la force des choses n’ont aucun autre choix que de s’approvisionner dans la région qu’elles traversent ou d’envoyer à l’arrière des détachements chargés de récupérer ce qu’ils peuvent auprès des unités de l’intendance.

Des dépôts défectueux :

Le système de dépôt quand a lui fonctionne encore plus mal, ce qui conduira l’armée à y renoncer.
Si les centres en question, disposés en général toutes les six étapes journalières, sont bien approvisionnées en début de campagne, il n’en va plus de même après quelques semaines. Dès qu’elles pénètrent en pays étranger, les troupes ne peuvent plus compter que sur elle mêmes.

De la nourriture de mauvaise qualité :

Même quand ils parviennent tant bien que mal à assurer leur tache les trains de vivre et les dépôts
Ne peuvent garantir une nourriture de qualité suffisante. Les entreprises avec lesquelles ont été passés des marchés fournissent souvent de la paille, de l’avoine et du foin que l’on ne peut donné à manger aux chevaux sans leur faire courir le risque de tomber malade tant leur valeur nutritive est limitée, quand ils ne sont pas pourris ou mouillés

Réquisition et pillage :

Faute de mieux les réquisitions deviennent une pratique courante et la manière la moins difficile de nourrir les chevaux.
Napoléon compte beaucoup sur c’est méthode pour approvisionner son armée, qu’il s’agisse de ses hommes ou chevaux.
Parfois des officiers organisent des corvées de fourrage où les cavaliers, armés de faux, procèdent à la coupe dans les champs et ramènent l’herbe recueillie sur le dos de quelques chevaux. Le plus souvent, des détachements, s’écartent en général de plusieurs dizaines de kilomètres de la route suivie par leurs unités et pillent systématiquement la campagne alentour.

Des animaux perclus de maladies

Morves, typhoïde, galle. Telles sont les principales pathologies qui sévissent au sein des régiments de cavalerie de l’armée impérial.

Lors des campagnes les chevaux sont soumis à de rudes épreuves et ne font guère l’objet de soins très attentifs, les chevaux, hormis des pertes dues aux combats et aux marches, peuvent être affectés de maladies plus ou moins graves.

Contre la morve l’abattage :

La morve est une maladie très contagieuse et sa propagation est favorisée par les rassemblements de grande masse de chevaux.
Elle se caractérise par une fièvre importante ainsi que des lésions cutanées, telles que des ulcérations ou des chancres, voire des atteintes pulmonaires. La mesure la plus radicale des vétérinaires consiste en l’abattage des animaux malades ; elle s’accompagne de la destruction des harnais et la réfection des écuries dans lesquelles des épidémies ont été signalées.
Toutefois, s’ils sont possibles en temps de paix de tels procédés ne peuvent être appliqués en campagne.
En sorte que beaucoup d’unités comptent de nombreux chevaux morveux qui pourraient être guéris si on leur accordait un peu de repos, mais meurent faute d’être soignés.

La gale une véritable plaie :

La gale, elle aussi très contagieuse constitue une véritable plaie pour les formations de cavalerie en campagne.
Cette maladie, due aux fatigues et aux privations, mais aussi aux rassemblements important de chevaux, se traduit par éruptions cutanées dégénérant en plaques de plus en plus larges.
A défaut d’être soignée, elle évolue vers des lésions plus graves, telles que des abcès, mais aussi vers des lésions plus graves comme les cachexies qui peuvent entraîner la mort.
Très présente sous la révolution au sein des unités montées, la gale semble avoir été moins importante sous l’empire.

La typhoïde une maladie épisodique :

La typhoïde, caractérisée par un abattement, de la fièvre, une diarrhée hémorragique, un grand état de faiblesse et des atteintes du système respiratoire, se développe en territoire français au début du XIX siècle.

Des havres de fortune pour des animaux éclopés

Blessure au combat, blessure de harnachement ou maladies…
Pour se remettre, les chevaux de l’armée impériale passent quelques temps dans des centres spéciaux, bien peu accueillants.
Pendant les campagnes de l’Empire, les pertes en chevaux, qu’elles soient liées aux effets du combat, aux marches en avant ou aux retraites, sont effroyables. Les animaux blessés ou malades peuvent théoriquement goûter quelque repos ou être soignés dans les dépôts de chevaux malades.
Mais l’impéritie des exécutants a considérablement réduit les effets.

Les petits dépôts :

Ces dépôts de chevaux malades comptent des effectifs pour les moins réduits, le plus souvent un officier et quelques soldats inaptes au service.
Rudimentaire au départ, l’organisation de ces centres évolue assez sensiblement au cours du premier Empire. Les petits dépôts accueillent le plus souvent des montures provenant des unités à l’échelon du régiment de la brigade ou de la division.
Mal tenus en général, les soldats qui en assurent le fonctionnement manquent de discipline et s’occupent assez mal des animaux, bien qu’ils soient astreints à envoyer tous les deux jours un état aux autorités supérieures.
Un autre désavantage de ces dépôts réside dans leur isolement et la difficulté d’assurer leur défense contre des attaques de l’ennemi. Ils n’en restent pas moins pratiques, dans le sens ou ils sont proches des corps de cavalerie qui les alimentent en chevaux malades ou blessés.

Des petits dépôts mal tenus aux grands dépôts infectés :

Au fil des années, les dépôts de chevaux malades évoluent, ils deviennent beaucoup plus grands, du au manque de vétérinaires ; l’empereur est contraint de rassembler les petits dépôts.
Ainsi des centres immenses sont crées, ils sont capables d’accueillirent près de 1000chevaux.
Mal entretenus accueillant aussi des chevaux sains, ces dépôts grouillent de vermine et deviennent un vecteur important de la diffusion de maladies, telles que la morve, qui oblige l’abattage de nombreuses montures.
En définitive, qu’ils soient de petite taille ou de grande taille les dépôts de chevaux malades ne donnent que de très maigres résultats.

Le voyage de l’unité au dépôt une véritable hécatombe :

Les statistiques révèlent qu’à peine un quart des chevaux envoyés par les corps de cavalerie vers les dépôts atteignent ces derniers.
Faute de trouver à intervalles réguliers des centres de ravitaillement en fourrage, les convoyeurs laissent souvent les animaux mourir de faim ; d’autres les échangent ou les perdent en route, faute d’une surveillance suffisante ou parce qu’ils se les font voler.

Trop de chevaux en manque de fers :

Tant sus la révolution que pendant le consulat et les premières années de l’empire, la ferrure des chevaux en campagne est le dernier des soucis des chefs de corps.

Il en résulte des situations difficiles ou la négligence et l’imprévoyance dominent, au détriment de l’efficacité militaire et de la santé des animaux.

Des sabots mis à rude épreuve :

La durée des campagnes et les étapes considérables aux quelles sont soumises les chevaux soumettent leurs pieds a rude épreuve. Comme la corne du sabot pousse d’environ 0,5 à 2cm par moi, la nécessité s’impose de la raboter afin que le cheval conserve un aplomb correct.
Certes la corne s’use naturellement, mais sur les sols trop peu durs, l’abrasion n’est guère suffisante. Sur les sols plus fermes, la nécessité s’impose de protéger le pied en lui appliquant un fer. Un cheval doit être ferré et référé régulièrement, d’autant plus que la corne continue de pousser et que le fer lui-même est soumis à l’abrasion continue.

« Une solution » :

La situation de la cavalerie impériale en matière de ferrure commence à préoccuper l’empereur après la bataille d’Austerlitz, car des milliers de chevaux se sont retrouvés dépourvus de fer lors de l’avance rapide de la grande armée du camp de Boulogne à Ulm.
Aussi en 1806 à la veille de la campagne de Saxe, Napoléon décide de munir chaque régiment d’une forge de campagne et d’un approvisionnement suffisant en clous et en fers. Par ailleurs à toutes les unités sont affectées de deux maréchaux ferrants, reconnaissables au fer en laine porté sur la manche de leur uniforme.

La forge de campagne :

Traînée par un équipage de 4 chevaux conduits par 2 cavaliers, la forge de campagne est accrochée à un avant train à 2 roues. Elle-même se compose d’un plateau en bois pourvu de 2 roues à l’arrière, sur lequel sont placés un soufflet de grandes dimensions ainsi qu’une enclume et des caisses, où sont entreposés les outils, les fers et les clous nécessaires au ferrage.

Deux fers par cheval :

Aussi importante qu’elle soit, la création des forges de campagne résout qu’en partie seulement les problèmes de ferrure au sein des régiments à cheval de la grande Armée. Les chefs se contentent en effet de donner des instructions sans se préoccuper du suivi de celle-ci. Il s’ensuit des situations dramatiques lors des campagnes de 1806,1807, 1809 et 1812. Ainsi au moment des batailles de Iéna et d’Auerstaedt, les chevaux de la division de Davout et celle des Dragons qui lui est rattachée dispose de deux fers de rechange par cheval mais les régiments placés sous les ordres de Bourcier et de Klein n’en ont aucun.
En Pologne, sur les 2500 chevaux pris en compte par le dépôt de Varsovie, près de 1340 chevaux sont dépourvu de fer depuis des semaines. En 1808 sur le théâtre espagnol la plupart des montures du corps de Soult sont pied nu.
En Russie une seule unité, celle de MacDonald, dispose de fers adaptés à la glace.

L'Espagnol

Références :

Histoire de l'équitation par Etienne Saurel edition Stock imprimé le 15 avril 1971 a Paris
La cavalerie au temps des chevaux par le Colonel Dugué Mac Carthy edition E.P.A.imprimé en 1989 a Turin
La glorieuse épopée de Napoléon La guerre a cheval I Editions Atlas ecrits par Patrick Feron, Renée Grimaud, François Pernot imprimée en 2005
La glorieuse épopée de Napoléon La cavalerie au combat II Editions Atlas écrits par Patrick Feron; Renée Grimaud, François Pernot impimée en 2005
La vie privée des hommes au temps de Napoléon Editions Hachette jeunesse ecrit par Pierre Miquel imprimée en en 1979,1991 Paris
Quelques documents du MRA