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La journée du cuirassier

 

4 heures du matin :

Au son de la trompette le cuirassier se lève.
Ce réveil musical est la première phase du concert dont retentissent du matin au soir les échos bruyants du quartier. La trompette, c’est l’horloge du cavalier et la voix du commandement.
Donc le réveil sonne a 04heures (04h00en été et 06h00 en hiver) les cuirassiers se lèvent et s’habillent, ils découvrent leur lits et aèrent les chambres, car l’officier ou le sous-officier de semaine va faire sa ronde et gare au brigadier qui n’aura pas fait exécuter ces détails du service.
Les uns descendent en nombre nécessaire pour aider à nettoyer les écuries et donner le déjeuner aux chevaux.
Les autres, avant de se rendre à l’appel du pansage, procèdent à leur toilette, elle est courte et sans luxe.
Un bonnet de police, une veste (sarreau), un pantalon et des sabots, le tout complété par une musette de pansage orné d’un bouchon de paille sous le bras tel est le simple appareil dans lequel se présente le cuirassier aux écuries.
Les premiers instants de la journée sont réservés aux chevaux, (le cheval d’abord, l’homme ensuite).
Le pansage du matin se fait presque toujours dans les écuries et s’expédie promptement.
Quelques coups de brosse ou bouchon pour lustrer le poil, un seau d’eau, une ration d’avoine tout est dit.

7 heures du matin :

La trompette sonne la manœuvre ; lorsque en temps de paix et surtout au milieu de la nuit, l’oreille se dresse au son de ce refrain, que le brigadier fourrier court en hâte chez l’officier, c’est habituellement pour marcher contre l’émeute.
Mais aujourd’hui le régiment ne marche pas à l’émeute, ils vont en exercices.
Depuis le colonel jusqu’ au dernier soldat, tout le monde y prend part et l’on va sur le terrain d’exercices musique en tête. La durée du travail est de 2 heures.
L’ordonnance des évolutions de cavalerie détermine la succession de ce travail de manière à ce que les hommes soient exercés cinq fois par semaine.
En hiver, on consacre la manœuvre aux promenades militaires, elles se font avec armes et bagages et ont pour but de fortifier les chevaux et d’entretenir le régiment dans le meilleur état de marche et combat.
Quand l’instruction n’a pas lieu sur le terrain, on la consacre à la promenade des chevaux.
Un cavalier promène deux chevaux, aussi réserve ces jours pour d’autres exercices : voltige, paquetages, salle d’armes et les corvées de toute nature parmi lesquelles le fourrage entre en première ligne.

9 heures du matin :

au retour de l’exercice, la trompette sonne la soupe du matin, le cuirassier la mange ainsi que le quart de bœuf réglementaire. Les troupiers mangent par groupe de 4 à 6 hommes.
A cette même heure, sonnent les corvées de propreté dans l’intérieur du quartier et le rapport chez le colonel qui est le récapitulatif de tous les rapports partiels faits dans les 24 heures.
C’est là que la parole, brève et concise du chef de régiment, dicte les ordres qui assurent l’unité du commandement ; c’est alors qu’on apporte à son jugement les punitions, parfois ils les augmentent ou redressent à tort.

11h30 du matin :

la trompette sonne le rassemblement de la garde, elle se compose des hommes pour service du quartier. En ville et aux écuries où les hommes désignés sont tenus de séjourner 24 heures pour un nombre donné de douze chevaux au moins. Dans ses fonctions de garde d’écurie entrent la bonne tenue des écuries, la pitance des chevaux et la haute surveillance des chevaux qui cherchent querelle à leurs voisins.
C’est à la garde montante que le cuirassier se présente impeccable, les boutons brillants, les buffleteries ont la blancheur de la neige, car nulle inspection n’est plus minutieuse et sévère que celle de la prise d’armes et de la parade.

12h00 :

sonne le dîner des chevaux.
L’écurie offre un aspect assez original. Derrière chaque cheval est rangée la ration dans un parfait alignement ; gardes d’écuries, brigadiers, sous-officiers de semaine, chacun va et vient.
Au signal du trompette, on jette la botte dans le râtelier.

Les heures qui suivent sont diversement employées selon les jours. C’est le moment des exercices à pied, de la ferrure, des théories enseignées par les officiers, des revues partielles d’habillement, des harnachements, du nettoyage des armes et des effets.
Pendant l’été la plupart des exercices se remettent de préférence au soir, et on consacre au repos ces instants où le corps s’affaisse sous le poids de la chaleur.

02h30 de l’après midi :

les lits sont alignés dans les vastes chambres semblables à des dortoirs , les effets sont symétriquement placés à leur place pour la revue , les planches à pain brossées, les tables luisent et le balai a fait son office.

Entre ces différents travaux, la même sonnerie revient plusieurs fois, d’une façon peu agréable frapper les oreilles des cavaliers punis, ils sont sous la surveillance du Maréchal des Logis de garde qui en observateur scrupuleux du règlement, les vouent aux balayages perpétuels durant leur peine.
De la bouche du Maréchal des Logis s’échappe cet ordre fatal : « Trompette sonnez aux consignes », à cette sonnerie, le brigadier de chaque chambrée s’écrie « En bas les consignés ! », chaque puni prend un balai et va dans la cour.
Le sous-officier fait l’appel des punis.

03h00 de l’après midi :

sonne l’appel du pansage du soir, les cavaliers, les sous-officiers et les officiers, prennent tous part au pansage.
Les sous-officiers de semaine en surveillent les détails, l’adjudant les dirigent par la voix de la trompette.
Les chefs d’escadrons, les capitaines, les vétérinaires y font de fréquentes apparitions

05h00 de l’après midi :

la trompette sonne le souper du soir pour les hommes.
Dans les corvées du soir il y a les bains d’air pour les chevaux.

07h00 du soir :

la trompette sonne le dernier repas pour les chevaux qui dure environ 1heure.

La retraite :

15 minutes avant l’heure de sonner la retraite, les trompettes doivent être présentes.
L’heure de la retraite est donnée par le chef de corps.

09h30 du soir :

l’appel du soir se fait entendre, celui qui dépasse cette limite sans permission, sera conduit à la salle de police qui lui servira de chambre pour la nuit.

10h00 du soir :

la trompette sonne l’extinction des feux dans le quartier.

Tel est le cercle habituel de l’existence du cuirassier en temps de paix et cette uniformité n’est rompue que pour, les revues du dimanche, les inspections générales et le maintien de l’ordre en ville.

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