Home Le 7e Cuir Histoires Les cuirassiers Eylau vu par Michel Antoine

Voici la copie d’une lettre d’un cuirassier du 11e régiment adressée à sa mère. Il raconte ce qu’il a vu lors de bataille d'Eylau.

Cette lettre nous a été offerte par Jérôme Croyet que nous remercions beaucoup pour sa collaboration.

"le premier boulet qui est pour la division arrive dans le 11e, dans ma compagnie. J'étais le cinquième de file. il partage un homme en deux et perce le cou à un cheval, il passe. On fait un à gauche, on forme les pelotons puis les escadrons. Les quatre régiments en ligne[1], la Garde Impériale à notre gauche. La Garde charge. Elle est repoussée avec pertes. Nous chargeons, nous sommes repoussés avec pertes. De nouveau la Garde charge, elle massacre, était massacrée. Nous rechargeons. Nous arrivons sur eux, la mitraille nous abîmes. Ils étaient en si grand nombre, c'était leur point le plus fort, nous les hachons. Les canonniers prussiens abandonnent leurs pièces. il n'y a plus que le feu de l'infanterie, enfin, nous les forçons à se retirer mais doucement. Si nous eussions réussi, nous entrions pèle mêle avec eux dans Koinisberg étant à 7 lieues. Dans la compagnie, sur 5 chevaux, 23 ont été tués, 2 officiers ont été tués et une dizaine de blessés. Monsieur Babut est du nombre mais ses blessures ne seront pas dangereuses. Notre général, le fameux d'Hautpoul, qui était Maréchal de France depuis l'affaire du 6, grand cordon rouge et le cracha est mort de sa blessure. Le général St-Sulpice, ami de mon oncle, a eu le bras droit cassé mais cela va mieux. Pour votre fils, cher maman, il en eu beaucoup de bonheur, un biscaïen m'a seulement enlevé la visière de mon casque. Moi et mon cheval n'avons pas été touchés".

1. Il s'agit de la division d'Hautpoul, composée des 1er, 5e, 10e et 11e cuirassiers.

Collection particulière.

 

L'auteur est Michel Antoine, né le 20 septembre 1770 à Beaupont. 1m 79.
Il entre à la 5e compagnie du 11e régiment de cuirassiers le 6 pluviôse an VI.

Il est en convalescence chez lui, de nivôse au 3 floréal an X pour une fièvre intermittente.
Chevalier de la Légion d'Honneur le 14 avril 1807. Il reçoit un blessure à la poitrine à la bataille d'Eylau et écope d'un boulet mort à la cuisse gauche à la bataille de Wagram.

Il passe brigadier le 7 juin 1809. Il sert à la 1ère compagnie du 1er escadron du 11e régiment de cuirassiers.
Il chute violemment de cheval à Eckmulh, le 22 avril 1809, ce qui lui provoque des douleurs lombaires et abdominales.

Reconnu hors d’état de continuer son service le 25 juin 1810.
Il quitte le service le 6 août 1810 et refuse la vétérance qui lui était proposée.
Il vit retiré à Préssiat avec sa femme, ses deux enfants et sa mère.

Membre de la légion d’honneur, il ne touche pas de retraite annuelle.
Il écrit au chancelier de la Légion d'Honneur le 1er février 1812 pour faire une correction sur la liste générale de la Légion d'Honneur.
Il obtient un nouveau brevet le 30 avril 1812.