Home Le 7e Cuir Histoires Les cuirassiers Les cuirassiers, de Marengo à Waterloo.

 

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Charge de cuirassiers.

Collection privée.

Au lendemain de la bataille de Marengo (14 juin 1800), le premier Consul Napoléon Bonaparte lance la réforme de sa cavalerie. Conscients des effets psychologiques que peut apporter une charge de cavalerie sur l'ennemi, son état-major et lui sont convaincus qu'elle est l'élément clé qui, à l'endroit et au moment opportun, permet de remporter la victoire. La charge du Maréchal Murat à Eylau en 1807 en est un exemple.

Cette réforme a pour but de réaliser une ordonnance sur la constitution et les tactiques à adopter par la cavalerie pour une guerre de mouvement. Elle apporte notamment des modifications aux uniformes et armements.

A l'exception du 8e régiment, ancien " Cuirassiers du Roi ", on ne porte plus la cuirasse depuis plus d'un siècle car chère, inconfortable et devenue obsolète avec l'évolution des armes à feu. Les habits renforcés aux parements, collets et sur la poitrine ainsi que la buffleterie apportent plus d'aisance au combat. Pourtant le plastron et la dossière qui la constituent en imposent "tellement ..."

C'est du moins l'avis des états-majors. Le casque que porteront les cuirassiers sera inspiré de celui porté depuis longtemps par les dragons en échange des tricornes de la révolution.
Ces choix furent une source de polémiques entre les chefs de brigade et le ministère de la guerre si bien qu'il est difficile de suivre leurs évolutions.

Cela dit, le 10 octobre 1801, commence la rénovation de la cavalerie lourde. Les 1er et 8e régiments forment une brigade totalisant huit escadrons. Le 1er commencera à porter la cuirasse. Le 8e la porte déjà. Il n'y aura pas de compagnie d'élite comme le font les régiments de ligne, considérant que les cuirassiers le sont déjà.
Le 10 octobre 1802, les 2e, 3e, et 4e régiments de cavalerie rejoignent les deux premiers. Ils seront suivis le 23 décembre 1802 des 5e, 6e, et 7e régiment de cavalerie.

Le 24 septembre 1803 le premier consul répartit la cavalerie comme suit :

    • 2 régiments de carabiniers ;
    • 12 régiments de cuirassiers ;
    • 30 régiments de dragons ;
    • 24 régiments de chasseurs ;
    • et 10 régiments de hussards.

Un régiment est constitué :

  • d'un état-major ;
  • de quatre escadrons de deux compagnies chacun.


avec un total de 33 officiers et 625 hommes (dit " sabre ").

 

Ces chiffres fluctuent tout au long de l'époque impériale. Le décret impérial du 31 août 1806 fait augmenter le nombre d'escadrons et les effectifs à 800 hommes par régiment. Celui du 10 avril 1807 à 1040 hommes. Retenons qu'en temps de guerre, les trois ou quatre premiers escadrons partent en campagnes. Le dernier reste au dépôt pour former les recrues.


Les effectifs cités sont évidemment approximatifs car suite aux batailles, les rangs ne peuvent être aisément comblés par les conscriptions et les transferts provenant des régiments de dragons. En plus, la formation des nouvelles recrues est longue et difficile.
A ce sujet, l'époque la plus noire fait suite à la campagne de Russie où l'on parlera de cavalerie " patatras " en référence à ces jeunes malheureux et pauvres conscrits qui ont le plus grand mal à tenir en selle le sabre à la main.

Néanmoins leur courage donnera du fil à retordre à la sixième coalition lors de la campagne de France avec l'issue que nous connaissons : le retour à l'ancien régime.

Durant la première restauration, le nom des régiments seront appelés différemment. A titre d'exemple le 7e portera le nom de " Royal Etranger ".

Au retour de l'Empereur, début mars 1815, les régiments reprennent les " couleurs " de l'Empire. Le 18 juin, la plupart des cuirassiers effectueront les légendaires charges massives contre les carrés anglais dont la violence du choc donne encore aujourd'hui froid dans le dos.

Quelques semaines plus tard, la cavalerie impériale sera licenciée par le décret royal du 16 juillet 1815...


Fanfan.