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Montage d’un casque

par Bout'feu


Les quelques lignes qui vont suivre ont pour but d’illustrer la façon dont un casque est monté et ainsi d’en montrer certains détails difficilement visibles.
Il faut garder à l’esprit que tout est démontable afin d’en faciliter les réparations.

a. Cimier.

Cette pièce est particulièrement travaillée et est constituée de deux ailerons décorés de palmettes et d’un masque décoré d’une tête de Gorgone, d’une cuirasse au numéro du régiment et de volutes. On trouve aussi parfois une plaque de cuivre recouvrant le tout afin de protéger la crinière de l’humidité comme nous le verrons ci-dessous.
Les ailerons sont maintenus entre eux par deux voire quatre rivets ou encore par des vis et écrous. Le masque est serti sur les faces avant des ailerons. Ce même masque peut servir de support à l’aigrette. Il est dans ce cas, sur sa face supérieure percé d’un orifice, pour faire passer la base de l’aigrette, ou se termine encore par un arrondi recevant cette même base. Parfois, rien n’est prévu pour supporter l’aigrette.
Le cimier est fixé à la bombe soit par des vis de laiton ou des rivets de la même matière. Le nombre varie entre 7 et 9.

b. Aigrette.

Cet élément est purement décoratif et augmente ainsi l’impression de grandeur de la coiffure, à l’instar des bonnets à poils de Grenadier.
L’aigrette est constituée d’une houppette en crin, d’une douille, d’une lentille, d’une base, d’une tige filetée et d’une vis « papillon ».
L’aigrette repose donc sur le sommet du cimier et est maintenue en place par la tige traversant la bombe et maintenue par serrage grâce à cette vis « papillon ».
On retrouve aussi des aigrettes sans élément de cuivre. Elle est dans ce cas entièrement en crin et la forme de la lentille est obtenue par une forme en bois.

c. Bombe.

La bombe, comme nous l’avons vu précédemment, peut être de forme diverses.
Il faut néanmoins savoir que cette élément peut être en deux pièces voire en une. En effet, la plate bande sur laquelle le bandeau sera fixé, peut être sertie sur le corps de bombe lui-même et plus particulièrement sur le pli formant la gouttière.
Le corps de bombe est lui toujours d’une seule pièce. Il est cependant percé de deux ou trois trous d’aération. On trouve également à l’arrière juste au dessus de la plate bande, un trou permettant de fixer la base de crinière.
La plate bande est quant à elle percée de 8 paires de trous qui serviront à fixer le bandeau à celle-ci.


d. Turban.

Le turban est constitué de trois éléments de cuir : le corps en cuir fauve, la peau d’ourson, la basane.
C’est sur le bord supérieur du corps qu’est fixée la peau d’ourson au moyen de la basane. Cette peau s’enfile ensuite un peu comme une chaussette sur le corps. Elle n’est pas cousue en sa partie inférieure. Le tout étant maintenu par les éléments rapportés comme le porte-plumet, les rosaces de jugulaires et par la couture arrière serrant le tout.
On trouve parfois une boucle afin de régler la largeur du turban, ou encore un lacet.


e. Visière.

La visière peut être décorée du trottoir à punaise ou bien être lisse. Elle est aussi souvent renforcée d’un jonc de laiton. Celui-ci est maintenu en place par plusieurs petits rivets de laiton. De même la visière peut être pointue ou non.
Elle est cousue sur le corps du turban et est donc recouverte par la peau d’ourson venant simplement se poser dessus.

f. Crinière.

La crinière peut être parfois d’une pièce. Dans ce cas, il s’agit du morceau de chaire traité directement monté sur le casque. Néanmoins, et c’est le cas le plus courant, la crinière est un savant montage de crins sur une bande de cuir fort.
En effet, cette bande de cuir est percée d’environ 240 trous permettant grâce à un fil de laiton de fixer dans chaque trou une « touffe » de crins.


La crinière est fixée sur le cimier en sa partie supérieur par un fil de laiton partant d’un trou dans la bande de cuir et terminant par un tour autour de la base de l’aigrette.
La partie inférieure de cette même bande est à nouveau percée pour permettre le passage d’une tige filetée traversant ainsi la bande et la bombe (souvenons-nous du trou à l’arrière de la bombe). Un écrou « papillon » maintient le tout par serrage.
La crinière est parfois protégée par une plaque de laiton sur le bord supérieur du cimier.
On comprend que le montage de la crinière peut à la longue se détériorer lorsque la pluie s’infiltrant stagne et fait pourrir les crins. De plus la crinière se transforme en gouttière laissant ainsi l’eau s’écouler dans le dos du cavalier (entre le dos et la dossière de cuirasse).

g. Porte plumet.

Il s’agit d’un cylindre de laiton sur lequel est soudé un écrou recevant une vis de serrage. Le porte plumet est fixé sur le turban grâce à deux ou trois fils de laiton et grâce aux extrémités évasées du cylindre.


h. Jugulaires et rosaces.

Les jugulaires sont constituées d’écailles soit à l’instar de celle de schako d’infanterie ou soit d’un modèle plus large à l’instar des casques de Carabiniers. Elles sont montées sur un cuir fort lui-même recouvert d’une basane. Afin de la boucler il y a soit une boucle à ardillon soit des lacets.


i. Intérieur.

L’intérieur du casque est constitué d’une basane de cuir et d’une coiffe de lin, à l’instar de ce que l’on retrouve dans les schakos.
La basane est cousue au bord inférieur du corps en cuir du turban.

Galerie de photos concernant le casque ( cliquez sur le texte)

Bout'feu


Bibliographie.

1. Tradition Magazine N°54-55, Histoire et Collections, Juillet-août 1991.
2. Les Trésors de l’Empéri, L’Armée de Napoléon, V. Bourgeot, La Revue Napoléon, nouvelle édition, octobre 2009.
3. Les Coiffures de l’Armée Française, J. Margerand, Le Livre Chez Vous, novembre 2002.
4. Les Uniformes du Premier Empire, Les Cuirassiers, Commandant Bucqoy, Grancher, 1978.